Le groupe français de construction Spie batignolles explore de nouvelles voies en intégrant l’impression 3D béton à ses méthodes de travail. En partenariat avec la start-up XtreeE, spécialiste de cette technologie, l’entreprise a débuté des expérimentations sur des composants techniques comme les nœuds de poutres ou les boîtes de réservation. L’objectif est clair : identifier les situations où la fabrication additive permet de rationaliser la production, réduire les délais et optimiser l’usage des matériaux. Le premier test, réalisé sur un nœud complexe reliant trois poutres, a permis de produire une pièce conforme aux contraintes techniques en une seule opération, là où les méthodes traditionnelles nécessitent plusieurs étapes longues et coûteuses.

Les premiers résultats se révèlent encourageants. Le prototype, fabriqué à l’échelle 1, a validé la faisabilité de la méthode, avec des performances jugées très satisfaisantes. Spie batignolles prévoit ainsi d’amplifier le recours à cette technologie sur d’autres chantiers à partir de 2021. Les boîtes de réservation, utilisées pour prévoir les passages de réseaux dans les murs en béton, bénéficient aussi de cette approche. Généralement conçues en bois, elles sont ici imprimées en béton Ductal, séchant en 24 heures, contre plusieurs jours habituellement. Le recours au BIM permet en outre d’optimiser leur conception et d’éliminer certaines étapes, comme le décoffrage en hauteur ou la gestion de déchets bois non réutilisables.

Au-delà des gains de temps et de matière – jusqu’à 50 % d’économie de ressources – l’impression 3D ouvre la voie à une industrialisation accrue du BTP. Encore marginale, cette méthode pourrait à terme répondre aux enjeux environnementaux de la filière. XtreeE s’intéresse déjà aux alternatives au ciment, comme les géopolymères ou le plâtre, pour réduire l’empreinte carbone du béton, un matériau responsable de près de 8 % des émissions mondiales de CO₂.