L’année 2025 s’achève sur un bilan morose pour le secteur des matériaux de construction, frappé de plein fouet par un contexte international instable. L’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (Unicem) anticipe une quatrième année consécutive de recul pour les productions de granulats et de béton prêt à l’emploi (BPE). En cause, un environnement marqué par les tensions géopolitiques, les mesures protectionnistes américaines et une instabilité politique interne, freinant l’investissement dans la construction résidentielle, publique et privée. Malgré une amorce de reprise lente et inégale dans le logement, le secteur reste sous pression, en particulier dans les travaux publics.
Les chiffres confirment cette tendance : la production de granulats chute à 300 millions de tonnes, un niveau inédit depuis plus de 40 ans, avec une baisse annuelle de 1,5 %. Le BPE, après une chute de 11 % en 2024, limite la casse en 2025 avec un repli de 4 %, totalisant 32 millions de m³. Sur quatre ans, le recul atteint -21 % pour le BPE et -15 % pour les granulats. Si certains matériaux, comme les tuiles et briques, amorcent un redressement, l’indicateur global du secteur s’établit à 83,8 points, soit 16 % de moins qu’en 2021, année de référence.
L’année 2026 pourrait marquer un point d’inflexion, avec des prévisions prudentes. L’Unicem entrevoit une progression modeste du BPE, autour de +1 %, et une stabilisation des granulats entre -2 % et 0 %. L’Union plaide par ailleurs pour une utilisation rationnelle et complémentaire des matériaux, défendant la place du béton dans la transition écologique et la modernisation des infrastructures. Pour son président, Alain Plantier, il est urgent de réhabiliter ce matériau clé, injustement dénigré, face aux défis climatiques et au mal-logement.
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