Porté par les nombreux chantiers d’infrastructures à travers le pays, le secteur des carrières au Sénégal connaît une activité soutenue. L’extraction de sable, de calcaire, d’argile ou encore de basalte accompagne la croissance urbaine et les grands projets comme le Train express régional ou le port de Ndayane. Ces matériaux sont essentiels, que ce soit pour la fabrication du béton ou comme ballast ferroviaire. Toutefois, derrière cet essor, les conditions de travail restent éprouvantes, les équipements peu modernisés et l’accès à l’électricité demeure limité, freinant les ambitions d’automatisation.

Les entreprises du secteur, à l’image de CSE Granulats, tentent de se frayer un chemin dans un environnement concurrentiel. Arrivée en 2018, la société s’est rapidement imposée grâce à la forte demande en basalte, très recherché pour sa solidité. Les opérateurs reconnaissent que l’activité dépend fortement de la commande publique, qui reste le principal moteur de la filière. Malgré un environnement de travail pénible, les entreprises ne peinent pas à recruter, le taux de chômage national atteignant près de 20 %. Certaines structures envisagent aujourd’hui une montée en gamme, en s’inspirant de modèles étrangers plus automatisés, bien que la main-d’œuvre reste très nombreuse par rapport aux standards internationaux.

L’un des principaux obstacles à cette modernisation reste le déficit énergétique. Alimenter des machines plus performantes nécessite une électricité stable et abordable. Dans certains cas, le coût de l’énergie peut représenter jusqu’à 35 % des dépenses totales d’un projet minier, soit environ 32 € pour chaque tranche de 100 € investis. Faute de réseau fiable, les exploitants recourent à des générateurs ou à leurs propres centrales. Enfin, le secteur reste marqué par les difficultés passées, notamment les retards de paiement de l’État qui ont fragilisé plusieurs entreprises du BTP et freiné la demande en matériaux.