BTP – EDF étudie une organisation inédite pour le génie civil des futurs EPR2. Selon Batiweb, le groupe examine un consortium réunissant Vinci, Bouygues, Eiffage, NGE et Fayat. Cette alliance concernerait les travaux de six nouveaux réacteurs. Les deux premières unités doivent voir le jour à Penly. Quatre autres suivraient à Gravelines et au Bugey. L’horizon de mise en service des premières unités vise 2038. Le sujet dépasse le seul nucléaire. Il engage toute la chaîne française du BTP lourd. Fondations, bâtiments, ouvrages spéciaux et logistique de chantier nécessiteront des moyens considérables. Les majors cherchent donc une capacité collective.
Le génie civil représente le principal poste de dépenses du programme EPR2. Le coût total des six réacteurs atteint 72,8 milliards d’euros. Ce montant inclut les marges de sécurité. Le marché de gros œuvre représenterait environ 10 milliards d’euros en valeur 2020. EDF cherche parallèlement des gains de compétitivité. Les pistes d’optimisation atteindraient 9,9 milliards d’euros. Une alliance des grands constructeurs pourrait réduire certains risques. Elle pourrait mieux répartir les compétences. Elle pourrait aussi fluidifier les interfaces entre lots. Le nucléaire exige une qualité d’exécution très élevée. Il impose également une traçabilité documentaire stricte. Les entreprises devront donc combiner productivité et conformité.
Cette évolution marquerait un changement important. En 2023, Eiffage avait remporté seul le génie civil des deux EPR2 de Penly. Le nouveau schéma associerait désormais les principaux acteurs français. EDF n’a pas confirmé les informations relayées. Vinci et Bouygues n’ont pas non plus validé publiquement ce scénario. L’industriel indique toutefois travailler sur la compétitivité du projet. Il mentionne aussi un appel à manifestation d’intérêt lancé en mars. Pour les professionnels du chantier, l’enjeu porte sur les ressources. Les grands programmes mobilisent ingénieurs, compagnons, matériels et fournisseurs. Le secteur devra sécuriser les compétences. Il devra aussi anticiper les tensions sur les matériaux. Ce chantier pourrait structurer durablement le BTP français. Il constituerait un banc d’essai pour la planification industrielle.
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